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Est-ce que je pratique mal ?

Mes pratiques de yoga ont lieu chez moi, sauf le vendredi matin où je participe à un cours collectif. Vendredi dernier, en sortant du cours, j'ai ressenti un immense soulagement. J'ai su instantanément que ça disait quelque chose de ma pratique, quelque chose qui était là depuis plusieurs semaines mais sur lequel je ne parvenais pas à poser le doigt. Ce n'était pas un soulagement lié au relâchement que peut procurer une séance de yoga, non. C'était un soulagement qui signifiait plutôt "ouf, merci, cette activité est terminée". J'ai réalisé que, dernièrement, je mettais trop d'enjeux dans mes pratiques. La période de la rentrée porte toujours son lot d'adrénaline parce que les cours reprennent, parce qu'il y a de nouvelles personnes, parce qu'il faut reprendre le rythme, parce que j'ai moins pratiqué en août et que mon corps en a donc profité pour retourner à son état originel (c'est à dire un bâton crispé tendu dépourvu de mobilité).


Pour toutes ces raisons, ma pratique du yoga a pris peu à peu une dimension fonctionnelle. Je n'ai plus pratiqué pour travailler mon ancrage dans l'instant présent, j'ai pratiqué pour être suffisamment échauffée aux cours que je donnais ensuite, pour regagner en souplesse, pour être à la hauteur. Autant de raisons qui m'ont éloignée du but initial de ce que devrait être une pratique de yoga. Je réalisais les postures non pas en prêtant attention à mes sensations. Je réalisais les postures en ayant en tête une idée très précise de ce que je devais en retirer. Est-ce que cette attitude a été bénéfique ? Vraiment non. C'est comme se mettre au lit avec l'envie de s'endormir tôt, s'allonger sous sa couette, fermer les yeux et se répéter "maintenant je dors maintenant je dors maintenant je dors". Je ne sais pas pour vous mais, personnellement, cette stratégie est un échec cuisant. C'est pareil avec la pratique et plein d'autres trucs. Les choses viennent rarement lorsque l'on s'arc boute dessus. En sortant vendredi dernier du cours que je venais de prendre, en constatant mon soulagement, j'ai pris conscience que ça serait chouette que je me détende un peu la nouille.

Je sais qu'en tant que professeure de yoga, il est attendu que je m'éveille aux lueurs de l'aube pour chanter des mantras avant de me préparer un smoothie avec des fruits frais qui débuterait une journée au sein de laquelle j'agirais avec douceur, fermeté, bonté et intégrité mais ce n'est pas le cas. Je n'ai pas de mixeur pour smoothies. Et parfois je m'enferme dans des attitudes qui sont néfastes à ma pratique. Comme vous, probablement, parfois. Je vous raconte cette anecdote pour que vous puissiez questionner à votre tour votre attitude dans votre pratique. Peut-être y placez-vous également en ce moment des enjeux démesurés. Peut-être que vous devriez, comme moi, vous détendre la nouille et déplacer votre point d'attention. Ce n'est pas vous qui retirez de la pratique du yoga les choses qui vous arrangent. C'est la pratique du yoga qui vous apporte ce dont vous avez besoin en fonction de l'attitude avec laquelle vous l'abordez.